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Skier avec des aides auditives

skier
Je suis né dans les Préalpes, en février, le mois le plus enneigé. J’aime l’hiver, qui dans ma région, la Bavière en Allemagne, peut durer six mois. Que fait-on dans une région aussi enneigée ? On fait du ski. J’avais trois ans quand j’ai dévalé mes premières pistes. Aujourd’hui encore, c’est l’une de mes activités sportives préférées.  Presque rien ne peut m’arrêter – même pas deux opérations du genou.

Pendant les années où ma perte auditive a évolué, les bruits sur les pistes sont devenus de plus en plus étouffés. La neige n’enveloppe pas seulement le paysage d’une couverture blanche et belle, elle couvre aussi les bruits forts. En hiver, tout semble plus calme et plus tranquille. C’est un silence agréable qui couvre la vie quotidienne. Un casque de ski intensifie encore plus cet effet. Les oreilles sont enveloppées de chaleur, le bruit est loin, la piste est devant moi et elle seule compte.

« Même à l’heure du déjeuner dans un chalet, il était difficile de suivre les conversations. »

Mais pendant les discussions dans le télésiège, je n’en entendais souvent que la moitié. Même à l’heure du déjeuner dans un chalet, il était difficile de suivre les conversations. Quand j’ai reçu mes appareils auditifs, je les ai d’abord laissés à la maison, de peur de les perdre sur les pistes si jamais j’enlevais mon casque. Les conversations dans les remontées mécaniques sont devenues de plus en plus difficiles à comprendre et je me suis sentie exclue. Mais j’ai continuais d’apprécier le silence de la descente.

Depuis peu, j’ai commencé à skier avec mes appareils auditifs. La peur de les perdre a disparu depuis qu’ils sont mieux adaptés à mes oreilles : il n’y a plus le risque qu’ils tombent. Aujourd’hui, dans les télésièges, je peux comprendre toutes les personnes qui m’entourent et participer aux conversations. Je me sens aussi  intégrée à nouveau aux déjeuners dans les chalets. Mais le mieux, c’est que le silence pendant la descente, que j’aimais tant, a atteint une nouvelle dimension.

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« C’est tout de même plus prudent de pouvoir skier avec mes aides auditives. »

J’entends le vent siffler quand je vais plus vite ou quand il souffle fort sur le sommet. J’entends le bruit de mes skis sur la neige : ce son même doux sur la neige fraîche, qui devient un bruit de grattement sur un sol glacé. Parfois, j’entends aussi des oiseaux ou l’appel de mon fils derrière moi. Et j’entends aussi quand un snowboard se déplace vers moi un peu trop vite et qu’il y a un danger de collision. C’est tout de même plus prudent de pouvoir skier avec mes aides auditives. C’est comme si vous circuliez en voiture sans entendre : c’est très dangereux !

La façon magique dont la neige enveloppe les sons de la vie quotidienne n’a pas été perdue, mais maintenant elle fait l’objet de nouvelles variations. Des sons intéressants, tels que le grincements des pas sur les chemins profondément enneigés ou le crépitement de la glace gelée, sont revenus à mon oreille, réveillant des souvenirs agréables et renforçant ma affection pour la neige.

A la montagne,  ce sont encore de nouveaux sons que j’ai redécouvert grâce à mes appareils auditifs.