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Des scientifiques trouvent des gènes responsables de la perte auditive liée à l’âge

Perte auditive liée à l'âge
Des scientifiques ont récemment découvert des gènes responsables de la perte auditive liée à l’âge. Quelles sont les implications pour ceux d’entre nous qui souffrent de perte auditive ? Quelles autres recherches sont menées sur la perte auditive à l’heure actuelle ?

Des gènes à l’origine de la perte auditive liée à l’âge

Comme l’explique Discover Magazine, les chercheurs ont eu du mal à identifier des gènes impliqués dans la perte auditive liée à l’âge. Karen Steel, neuroscientifique au King’s College London, a dirigé cette nouvelle étude. Elle impliquait de créer plus de 1 200 espèces de souris. Chacune d’elles présentait une mutation au niveau d’un gène différent. Les chercheurs ont testé l’audition de certaines souris à l’entrée dans l’âge adulte. Puis à plusieurs reprises à mesure qu’elles vieillissaient. Le test auditif a capté la réponse des cellules du cerveau qui traitent le son. Il a même réussi à détecter des pertes auditives très légères.

Sur les 1 211 gènes testés par les chercheurs, 38 (soit plus de 3 %) ont révélé une déficience auditive. Les résultats sont disponibles dans la revue PLOS Biology. Selon leur constat, les chercheurs affirment qu’il existe probablement un millier de gènes impliqués dans la perte auditive.

Une approche innovante

John Brigande est maître de conférences en otolaryngologie au Centre de recherche sur l’audition de l’Oregon à l’université OHSU. Il souffre d’une perte auditive bilatérale profonde d’origine inconnue. Il est l’une des nombreuses personnes atteintes de perte auditive qui contribuent à la recherche en sciences de l’audition. Interrogé sur son étude, John a déclaré : « Je pense que l’approche utilisée pour identifier ces 38 nouveaux gènes était innovante ».

« Je pense que l’approche utilisée pour identifier ces 38 nouveaux gènes était innovante. »

L’approche utilisée pour cette étude, dite test des potentiels évoqués auditifs (PEA), détecte toutes les formes de perte auditive. Les 38 gènes candidats identifiés n’avaient pas été détectés lors de précédents criblages, car leur sensibilité était insuffisante. « Le fameux test PEA utilisant des sons purs comme stimuli est le criblage doté de la plus haute résolution qui puisse être déployé. Mais il implique un engagement exceptionnel, explique John.

À raison d’environ 15 minutes par souris pour effectuer le test des potentiels évoqués auditifs, il faudrait donc 1 211 souris x 15 minutes, soit plus de 300 heures de tests auditifs. Les courbes PEA enregistrées doivent alors être analysées. Il faut également évaluer les animaux témoins. Puis il faut effectuer des analyses statistiques pour chaque PEA. L’avantage de cette approche est qu’elle permet de trouver de nouveaux gènes liés à la surdité infantile ou à la perte auditive se déclarant à l’âge adulte, ainsi que des gènes nécessaires à la préservation de l’audition. »

De meilleures options de traitement

Selon les chercheurs, cette découverte pourrait permettre d’identifier de meilleures options de traitement. John explique : « Imaginons qu’une personne soit atteinte d’une mutation génétique associée à une perte auditive qui se déclare à l’âge adulte. Si elle le sait dès l’entrée dans l’âge adulte, cette personne peut prendre les mesures nécessaires pour éviter les sons forts et intenses qui peuvent exacerber le déclenchement de sa perte auditive. Elle peut économiser en prévision d’un achat d’aides auditives et d’autres dispositifs d’assistance d’écoute qui lui faciliteront la communication plus tard. Elle peut également prendre le temps de s’informer sur la manière dont une perte auditive peut affecter le bien-être, notamment chez l’adulte, afin d’apprendre à contourner les éventuelles difficultés.

D’un point de vue clinique, c’est aussi un avantage. Car il est possible de réaliser des études pour retarder le déclenchement de la perte auditive le plus possible. Un traitement médicamenteux pourrait éventuellement permettre de différer la survenue de la déficience auditive. Mais toutes ces actions ne sont possibles que si nous connaissons le gène à l’origine de la perte auditive. »

Autres recherches sur la perte auditive liée à l’âge

Plusieurs recherches sont menées à l’heure actuelle sur les implants cochléaires, les implants du tronc cérébral, les aides auditives acoustiques, les aides auditives à conduction osseuse, la pharmacothérapie permettant d’atténuer les acouphènes, la perte auditive neurosensorielle, la perte auditive soudaine, etc. Une étude reconnue suggère la possible régénération des cellules ciliées sensorielles.

À lire également : Des chercheurs découvrent une combinaison de médicaments qui pourrait régénérer les cellules ciliées de l’oreille

Et demain

John pense que la thérapie relative au traitement des pathologies de l’oreille interne s’améliorera lorsque nous disposerons de modèles animaliers plus complets. Il explique que les souris constituent des systèmes modèles exceptionnels pour mieux comprendre la manière dont une mutation génétique affecte la fonction de l’oreille interne. Elles peuvent aussi permettre de discerner les stratégies thérapeutiques ayant un intérêt et méritant de poursuivre les essais. « Mais il nous faut des systèmes modèles de vertébrés supérieurs pour les pathologies de l’oreille interne humaine. Ils nous permettront de valider les stratégies thérapeutiques que nous voulons tester cliniquement », ajoute-t-il.

Utiliser un système modèle qui représente l’audition humaine au plus proche pour montrer l’efficacité de notre stratégie génétique permettra de faire considérablement avancer la thérapeutique relative aux pathologies de l’oreille interne.

Je pense que les stratégies de remplacement des gènes consistant à insérer un gène sain dans l’oreille interne pour remplacer la fonction d’un gène muté sont très prometteuses pour le traitement des pathologies de l’oreille interne, déclare John.

Que pensez-vous de ces récentes recherches ?

Lisa A. Goldstein
Lisa A. Goldstein
Lisa A. Goldstein has a Masters in Journalism from UC Berkeley, a digital hearing aid, a cochlear implant, and plenty of deaf-friendly communication equipment. She spends her days juggling life as a freelance journalist, wife, and mother of two in Pittsburgh, PA.